

Objectifs
Rappeler
Pourquoi ?
Un avion est limité en basse vitesse par l’incidence de décrochage, et en haute vitesse par sa résistance structurale. Il est aussi limité en facteur de charge.
Le pilote doit évoluer entre ces limites.
A pente de trajectoire constante, la prise d’inclinaison requiert l’augmentation de la portance et donc de l’incidence, qui peut aller jusqu’a l’incidence de décrochage.
Le pilote doit limiter l’inclinaison de son appareil selon la vitesse à laquelle il vole, pour ne pas risquer de décrocher.
Lorsqu'une perte de contrôle survient, elle a la plupart du temps été précédée d'une réduction des marges de sécurité.
La connaissance des marges de sécurité en évolutions, l’adaptation de l'attitude de la machine, et la modification éventuelle du plan d’action en vue de les préserver, sont essentielles.
Le pilote doit savoir à tout moment quelle vitesse tenir et l’inclinaison qu’elle permet. Il ne doit pas être dans l’incertitude de paramètres fluctuants.
Toute changement d'attitude d'un aéronef doit être volontaire. Toute variation involontaire doit être corrigée. Tout changement d'attitude doit aller vers une attitude prédéterminée par le pilote et compatible avec les marges de sécurité.
Le respect de ce qui est énoncé ci-dessus, suffirait à quasiment éradiquer les pertes de contrôle en vol, et permettrait d’améliorer considérablement la sécurité.
La détermination des vitesses d’évolution
Les vitesses d'évolution sont déterminées par un rapport à la vitesse de décrochage de la configuration considérée (Vs). Ce rapport qui est de 1,45 au minimum lorsque des évolutions significatives sont requises, comme en tour de piste ou de 1,3 , pour un avion en approche finale, est à rapprocher des facteurs de charge liés à l'inclinaison.
On peut alors déterminer à quelles inclinaisons surviendrait le décrochage à ces vitesses.
Des vitesses de l'ordre de 1,2 Vs sont parfois utilisées (par exemple, cela peut correspondre à la vitesse de montée à pente maximum).
En vol en montée normale, le pilote doit limiter l’inclinaison à 20° pour ne pas pénaliser le taux de montée, car tout virage est consommateur d’énergie.
( Cf Guide ENAC de l'instructeur VFR, leçon 12 vol lent, édition de juin 2014)
*Ces inclinaisons sont recommandées car il est très souhaitable que pour tourner un pilote aille systématiquement chercher une inclinaison prédéterminée, correspondant à la vitesse d’évolution.
Le pilote doit connaitre les vitesses prescrites pour sa machine, elles figurent dans le manuel de vol de l’avion.
L’écart entre l’inclinaison dite « opérationnelle » et l’inclinaison du décrochage en palier, peut paraître important, de 25 à 30° d’angle.
Il n’y a rien de trop !
Vous pouvez en effet
Alors, tenez la vitesse prescrite, limitez l’inclinaison, préservez vos marges de sécurité !
Quelques questions sur le sujet
Quelques rappels
Le facteur de charge est la projection sur l’axe de lacet des accélérations subies par l’avion. L’axe de lacet est perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’avion, et orienté selon la verticale avion.
Ainsi, en palier, à inclinaison nulle, à la vitesse de croisière, le facteur de charge est très proche de 1, puisque cos(0°)=1. Il sera de 2 à 60° d’inclinaison, puisque cos(60°)=0,5.
n, le facteur de charge : n=1/cos⏀
La vitesse de décrochage augmente avec le facteur de charge. C’est comme si un avion sous facteur de charge, pesait plus lourd. Pour garder le palier, il faut alors une portance plus importante, qui s’obtient par plus d’incidence. La marge par rapport au décrochage se réduit.
La vitesse de décrochage augmente comme la racine carré du facteur de charge.
Vsn=√nVs(n=1 càd à⏀=0)
Pour avoir un ordre de grandeur, imaginons qu’un avion a une vitesse de décrochage de 100 km/h.
Quelle serait sa vitesse de décrochage sous 2G ?
Vs(n=2)=√2Vs(n=2 peut s’obtenir à ⏀=60°)
Racine de 2=1,414, donc la vitesse de décrochage serait de 141,4 km/h
Cet avion volant à 141,4 km/h , décrocherait en palier en atteignant 60° d’inclinaison.
D’où la nécessité de limiter l’inclinaison en fonction de la vitesse.
Quelques exercices
Déterminer les vitesses d’évolution à partir des indications sur l’anémomètre.
Comparer les vitesses trouvées à celles du manuel de vol de l’avion.
En vol (avec un instructeur impérativement), déterminer à partir de l’anémomètre les vitesses à tenir pour approcher et atterrir dans une configuration de volets non habituelle. Demander quelles sont les inclinaisons maximales à respecter pour conserver les marges de sécurité.
Réponses aux questions
